Pour postuler, un doigt suffit...













Pôle Emploi a de la concurrence…et elle vient des mobiles. Après le speed-dating, place au speed-networking sur les smartphones. Plusieurs applications téléchargeables sur Android et IOS mettent aujourd’hui en relation entreprises et demandeurs d’emplois. Pour le candidat, rien de plus simple : il suffit de naviguer d’offre en offre et de valider celles qui lui conviennent. Ces nouveaux outils facilitent aussi la tâche des recruteurs : ils reçoivent les candidatures et peuvent directement consulter les profils des candidats.

 

Plusieurs applications se partagent le marché : Jobr, Ahead, Emjoyment ou encore la française Kudoz, née l’été dernier. Comme ses concurrentes, Kudoz s’inspire du modèle Tinder, célèbre application mobile dédiée aux rencontres amoureuses et qui a connu un grand succès grâce à la technique du « swipe » qu’elle a développée. L’expression anglaise désigne le glissement de doigt qu’il faut effectuer pour passer d’un profil à un autre. 

 

Gagner la course contre le temps

 
En France, 27 millions de personnes utilisent Internet sur leurs mobiles. Et ils y passent en moyenne 58 minutes par jour selon une récente étude de l’agence « We Are Social ». C’est en observant ces pratiques que Pierre Hervé a eu l’idée de fonder Kudoz avec son collègue Olivier Xu. « Dans la société de recrutement où je travaillais, j’ai rencontré des gens qui étaient déjà en poste et souhaitaient trouver de nouvelles opportunités de carrière. Mais peu cherchaient réellement, faute de temps».
 
Le jeune entrepreneur décide de créer un outil qui permette de trouver rapidement des offres adaptées à chacun. L’utilisation de l’application est simple. Et pour s’inscrire, il suffit de renseigner ses identifiants LinkedIn. Toutes les informations du CV sont récupérées automatiquement. Puis un algorithme analyse les offres qui correspondent le mieux au profil du candidat. Lorsqu’une offre intéresse l’utilisateur, il peut postuler et envoyer ses motivations… en 140 signes, comme sur Twitter. 
 
« Ce qui me plait chez Kudoz, c’est le fonctionnement, la rapidité, le côté mobile car on cible des jeunes, raconte Vincent Redrado, créateur du site d’e-commerce The Tops. Aujourd’hui, le recrutement est trop structuré et je cherchais quelque chose de plus ludique ». A la tête de sa start-up depuis deux ans, le jeune entrepreneur a été séduit par ce nouveau système et met en avant le gain de temps : « Je ne peux pas me permettre de lire 200 CV et de faire le tri. Avec cette application, je reçois une quinzaine de candidatures mais toutes sont de qualité », argumente-t-il. Son entreprise, en pleine expansion, a ainsi pu embaucher deux personnes via Kudoz. 
 
 

Le futur du recrutement ?

 
Vincent Redrado reconnait cependant que ce type d'outil s’adresse à un profil particulier : « Cela permet de toucher des personnes qui sont déjà bien connectées car cela suppose d’avoir un smartphone, un profil LinkedIn… » Baptiste a fait le même constat. À l'époque étudiant en marketing musical, il avait cherché un stage sur Kudoz à l’issue de son école. « C’est principalement de très grosses boites ou de petites start-up très orientées web qui postent des annonces. » Le jeune homme n’avait pas trouvé son bonheur, mais salue l’initiative : « Quand ça sera plus connu des recruteurs, j’y retournerai, c’est totalement je genre d’outil que je recherche». 
 
Ces applications ouvrent une nouvelle voie au recrutement. Mais elles n’ont rien de révolutionnaire selon Xavier Camby, directeur de la société Essentiel Management et auteur de l’ouvrage 48 Clés pour un management durable. « On peut se servir de cette application pour trouver des profils innovants et créatifs, reconnait le spécialiste. Et cela touche  plus de monde qu’une annonce dans un journal ou sur le site d’une entreprise. Mais Internet est incapable de permettre des recrutements fondés sur la réalité ».
 
Pour Xavier Camby, les recruteurs veulent toujours la sécurité et prennent celui qui a le plus d’expérience sur son CV, quel que soit le moyen utilisé pour trouver le candidat. « Sur le web, il y a tout de même des outils qui ont de l’avenir : les agrégateurs, comme le canadien Neuvoo, temporise l’auteur. Ils aspirent l’intégralité des annonces publiées sur internet et les proposent aux candidats dont le profil correspond ». Le spécialiste l'affirme: ces agrégateurs peuvent changer en profondeur les façons de postuler. 
 
 

Laetitia Dive

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